ÉDITO (Octobre 2020)

Cette rentrée, inquiétante d’un point de vue sanitaire, économique et social est dans la continuité de la période peu commune qui s’est imposée à nous depuis mars dernier. Elle remet en cause nos habitudes de vie personnelles, professionnelles. Elle met à mal le bien-vivre ensemble en compliquant, trop durablement, la vie scolaire, associative, culturelle et sportive. Elle nous semble inédite, inconcevable.

Et pourtant...

L'écrivaine Karen Blixen disait : "Tous les chagrins sont supportables si on en fait un conte ou si on les raconte".

J’ai donc souhaité partager avec vous cette lettre que Mme de Sévigné aurait écrite à sa fille Mme de Grignan le 30 avril 1687.

333 ans plus tard, puisse cette lettre (en réalité, un pastiche) vous inspirer la confiance et l’espoir de retrouver des temps plus insouciants qui finissent toujours par revenir si, avec le sens du devoir et de la responsabilité citoyenne, on y travaille collectivement.

C’est pourquoi, grâce à votre soutien et à l’aide de l’ensemble des conseillers municipaux, je continuerai à prendre les décisions difficiles, parfois mal acceptées par certains, qui imposent des efforts à chacun d’entre nous, mais qui sont nécessaires à la préservation de la santé de tous. Ainsi, par exemple, comme beaucoup d’autres évènements nos repas de fin d’année avec les enfants des écoles et nos aînés sont d’ores et déjà annulés.

Cela ne doit pas nous ôter le sourire, la joie de vivre et le moral qui nous permettront de garder le cap !

Bonne lecture !

Patricia Boidin

Maire

 

Madame de Sévigné à Madame de Grignan, sa fille :

"Jeudi, le 30ème d'avril de 1687

Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s'abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements. Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoit à nos repas qu'il nous fait livrer.

Cela m'attriste, je me réjouissais d'aller assister aux prochaines représentations d'une comédie de Monsieur Corneille "Le Menteur", dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos, «Les animaux malades de la peste» ! «Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés»".

Je vous envoie deux drôles de masques ; c'est la grand'mode. Tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer,

Je vous embrasse ainsi que Pauline."